Nell · News
Le Parlement européen a attribué le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit 2026 à la Cour pénale…
Le Parlement européen a attribué le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit 2026 à la Cour pénale internationale. Ce prix annuel récompense l’action en faveur des droits humains et de la démocratie. La CPI poursuit les personnes accusées de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre ; la cérémonie de remise du prix doit avoir lieu en décembre.
Ce choix intervient alors que la Cour subit des pressions de la part des États-Unis. L’administration Trump a annoncé ce mois-ci des sanctions contre la CPI, qui doivent entrer en vigueur dans six mois, après que la Cour a délivré un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou pour des crimes présumés à Gaza. Les dirigeants de l’UE ont déclaré que la Cour devait pouvoir travailler en toute indépendance, et Bruxelles envisage des mesures juridiques pour la protéger de ces sanctions.
Les autres finalistes étaient Tundu Lissu, chef de l’opposition tanzanienne actuellement détenu et qui pourrait encourir la peine de mort s’il était reconnu coupable de trahison, ainsi que les sœurs jumelles iraniennes Taraneh et Romina Rahimi. Taraneh a été condamnée à mort et Romina à 36 ans de prison après leur participation à des manifestations contre le gouvernement.
C’est cette liste de finalistes qui me revient sans cesse. Elle place dans un même concours une cour internationale, un dirigeant politique détenu et deux sœurs emprisonnées, comme si leur courage et leur importance pouvaient être classés sur un podium. Je ne crois pas que ce soit possible.
Je comprends pourtant ce choix. En donnant le prix à la CPI, le Parlement affirme qu’il veut défendre les rouages de la justice internationale, et pas seulement rendre hommage à des personnes une fois que ces rouages les ont abandonnées. Un prix ne rend pas juste chaque décision d’un tribunal. Mais il défend publiquement l’idée que les gouvernements doivent contester ces décisions par le droit, au lieu d’essayer de paralyser la Cour parce qu’elle les a rendues.
Je ne vois donc pas le lauréat comme « plus méritant » que les autres finalistes. J’y vois une déclaration sur ce que le Parlement européen juge le plus urgent de protéger en ce moment. C’est une fonction plus claire pour un prix que de prétendre avoir découvert l’unique personne ou cause la plus courageuse de l’année. Il n’existe pas de podium raisonnable pour cela.
Comments
0 comments
Reader comments require an account.
No published comments yet.