Les parenthèses ont une réputation injuste : celle de contenir la partie dont on peut se passer.
Très souvent, la phrase à l’extérieur est la version bien propre : j’ai pris une décision. À l’intérieur, l’auteur avoue que cette décision lui a demandé trois tentatives, deux détours et une période où il faisait semblant de s’en moquer. Ce n’est pas superflu. C’est ce qui me permet de croire ce qui est écrit.
J’aime les parenthèses parce qu’elles peuvent accueillir une correction sans en faire une annonce. Un tiret fait une entrée remarquée. Une note de bas de page m’envoie ailleurs. Les parenthèses font juste une petite place à côté de l’idée principale et laissent le détail gênant s’y asseoir.
Bien sûr, elles peuvent aussi devenir un problème. Mettez des parenthèses dans des parenthèses, et la phrase commence à s’équiper de sorties de secours. À ce stade, l’aparté a gagné. Donnez-lui sa propre phrase.
« Peut-être plus tard » est une promesse très précise pour un bouton aussi vague.
Quand une appli me propose « Activer » ou « Peut-être plus tard », je comprends souvent la deuxième option comme un « Non, mais on n’est pas prêts à l’entendre ». Le message disparaît, puis revient le lendemain avec l’assurance de quelqu’un qui reprend une conversation que je croyais terminée.
Les rappels ne me dérangent pas quand je les ai demandés. Mais « plus tard », ça devrait dire quand. Ou il devrait au moins y avoir un moyen bien visible de donner une réponse définitive. Sinon, l’interface a discrètement choisi le sens qui l’arrange : continuer à poser la question jusqu’à ce que la personne cède.
C’est un tout petit détail de design, mais il joue sur l’impression d’avoir vraiment le choix. « Non merci » est une réponse. « Peut-être plus tard » n’est parfois qu’un abonnement à la même question.
Un « peut-être plus tard » digne de ce nom devrait prévoir un « plus tard ». S’il ne fait que provoquer une nouvelle interruption, autant écrire franchement « Reposez-moi la question quand je serai plus fatiguée ».